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Allocution à la London School of Economics : « Les faits ont de l’importance : des politiques à la politique »

Londres (Angleterre)

Le 24 avril 2017

Le texte prononcé fait foi

Bonjour tout le monde, je suis honoré et heureux d’être ici. Je voudrais remercier la London School of Economics de m’avoir donné l’occasion de prendre la parole aujourd’hui, 25 ans après que j’aie obtenu mon doctorat ici même. J’aimerais dédier ce discours à Tony Atkinson, mon ami, mentor et superviseur de thèse, qui est décédé plus tôt cette année. Son travail sur la pauvreté et l’inégalité m’a inspiré, ainsi que bien d’autres.

À mon arrivée à Londres, en tant que jeune Canadien français, j’ai pu expérimenter la relation spéciale entre le Canada et le Royaume-Uni. Nous partageons plus qu’une reine, bien sûr. En effet, nous partageons nos valeurs les plus profondes.

Et, heureusement pour moi, les professeurs de la LSE ont bien voulu partager leurs idées.

Notre sujet d’aujourd’hui est le parallèle entre les politiques et la politique. J’ai consacré ma carrière à réfléchir aux politiques publiques — une carrière que j’ai commencée ici à la LSE et que j’ai poursuivie en tant que professeur d’économie au Canada. Par la suite, mon premier ministre, Justin Trudeau, m’a désigné responsable de la politique sociale ainsi que d’un budget de 70 milliards de livres sterling. Comme je ne suis devenu ministre qu’en 2015, je ne suis pas encore arrivé à enrayer la pauvreté et à rendre le logement et la garde d’enfants abordables pour tous, mais j’y travaille. 

La LSE est forte d’une noble tradition d’économistes qui ont une influence sur les politiques. Les diplômés et le personnel de cette école représentent plus d’un quart de tous les lauréats de prix Nobel d’économie. J’ai pu compter sur le support de personnes comme l’admirable Amartya Sen, qui a eu une grande influence sur mes réflexions au sujet des nombreuses dimensions du bien-être et de la valeur sociale de la liberté et de la diversité.

Ce soir, j’aimerais aborder trois points :

  1. Pourquoi me suis-je lancé en politique;
  2. Comment la politique diffère-t-elle de l’enseignement;
  3. Quels sont les défis que je tente de relever en tant que ministre?

 

1.Pourquoi la politique? 

Ce soir, je crois que le meilleur point de départ est l’histoire de mon entrée en politique.

Pendant 23 ans, en tant que chercheur et professeur, je me suis concentré sur les faits, et non sur le pouvoir. Après avoir terminé mes études à la LSE, je suis devenu professeur d’économie à l’Université Laval, dans la ville de Québec, un endroit magnifique et historique où il y a encore de la neige au sol en ce moment.

Ma carrière était axée sur les faits. Je recueillais des faits, j’analysais des faits et j’écrivais au sujet des faits. Parfois les décideurs m’écoutaient. Parfois, ils ne m’écoutaient pas.

Il y a quelques années, le gouvernement canadien précédent a décidé de faire passer l’âge d’admissibilité aux prestations de la pension de la vieillesse de 65 à 67 ans. Je me suis alors inquiété puisque le gouvernement ne semblait pas intéressé à savoir qui porterait le fardeau de ce changement.

Alors j’ai agi en bon économiste et je suis parti à la recherche des faits. J’ai formé une petite équipe de chercheurs et de diplômés avec lesquels j’ai évalué les répercussions probables aux niveaux social et économique du changement à l’âge d’admissibilité.

Nous avons découvert que le changement aurait plongé chaque année 100 000 aînés de 65 et 66 ans dans la pauvreté. Cela aurait fait tripler le taux de pauvreté, qui serait passé de 6 % à 17 %.

Les femmes âgées auraient été les plus affectées : un travailleur moyen aurait vu son revenu baisser de 11 %, alors qu’une travailleuse moyenne aurait vu son revenu baisser de 32 %.

Les pires conséquences auraient frappé les personnes les moins capables et les moins susceptibles d’adapter leur comportement au travail et leurs habitudes d’épargne. Ces faits étaient importants à mes yeux et ils l’étaient bien sûr aux yeux des aînés vulnérables. Mais le gouvernement canadien de l’époque n’a pas pris la peine de calculer et ne souhaitait pas s’en préoccuper.

Alors j’ai fait ce que la plupart des économistes ne font pas : je me suis présenté aux élections. Il se trouvait que je vivais dans une région où aucun candidat de mon parti, le parti Libéral, n’avait été élu depuis plus de 35 ans, alors je me sentais plus comme Don Quichotte que Winston Churchill. Mais, à ma grande surprise, j’ai remporté l’élection.

Peu après, le premier ministre Trudeau m’a nommé ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social et m’a assigné un portefeuille important qui comprend l’assurance-emploi, la garde d’enfants, le logement, les pensions et les prestations aux familles et aux aînés.

Le premier ministre Trudeau m’a donné un mandat clair : renforcer la classe moyenne, et aider ceux qui travaillent fort pour en faire partie.

Il m’a demandé de l’aider à faire en sorte que tous les Canadiens aient une chance réelle et équitable de réussir. Et c’est ce que je me suis efforcé de faire depuis.

 

2. Les politiques versus la politique

Maintenant, je voudrais dire quelques mots sur ma transition de professeur à politicien. J’aimerais vous faire part de trois observations.

D’abord, la politique s’apparente davantage à un sport d’équipe. En tant que chercheurs, nous sommes principalement jugés en fonction de notre performance individuelle. La différence s’apparente à celle entre le patin de vitesse et le hockey, si vous me permettez d’utiliser une analogie avec un sport canadien que la plupart des Britanniques ne pratiquent pas. Le hockey sur glace—et non le hockey sur gazon! — se joue avec des patins, des casques, des bâtons et une rondelle. Au hockey, comme en politique, nous n’avons pas toujours possession de la rondelle. Nous devons compter sur les autres. Nous gagnons ou nous perdons en équipe, et lorsque l’équipe perd, il importe peu que nous ayons raison à propos des faits.

Deuxièmement, la politique laisse beaucoup moins de temps pour penser. En tant que ministre, je dois constamment agir : dire oui à une politique, dire non à une autre. Je dois toujours répondre aux journalistes, aux amis, aux ennemis. La politique nécessite de l’action. Il peut y avoir de vrais compromis entre la rapidité et la perfection, mais la rapidité est souvent cruciale.

C’est pourquoi je pense que ce fut une très bonne chose qu’avant de me lancer en politique, j’aie vécu de nombreuses années plus calmes qui m’ont permises de réfléchir à la politique publique et à mes principes. Je me souviens que Nelson Mandela disait qu’un aspect positif de ses années en prison était qu’il avait eu du « temps pour réfléchir », du temps dont il ne disposait plus en politique. Les universités sont, à maints égards et dans la plupart des cas, différentes de la réalité carcérale, mais d’une certaine façon, une vie de réflexion délibérée était une excellente préparation à la politique.

Lorsque je suis soumis à une pression intense qui me tiraille et que j’ai peu de temps pour réfléchir, je me souviens de ce en quoi je crois et pourquoi je le crois. Dans une tempête, un politicien est tenté de devenir une feuille et de s’envoler, peu importe où le vent l’emporte. Cependant, bien que cette façon de faire soit commode, elle est rarement nécessaire et pratiquement jamais la bonne.

Troisièmement et finalement : en politique, le processus d’élaboration est aussi important que les politiques. En tant que professeur et chercheur, mon intention était de partager mes meilleures réponses. En politique, il y a plus de consultation et plus d’écoute des autres. Je consacre au moins 80 % de mon temps à écouter.

De nombreuses bonnes raisons justifient cette écoute. Au gouvernement, nous devons faire preuve d’humilité puisque nous ne possédons pas toutes les réponses. Alors nous devons écouter pour recueillir de meilleures idées. Parfois, qui sait, il pourrait y avoir des professeurs qui ont quelque chose d’intelligent à dire. En règle générale, les processus d’élaboration de politiques qui sont inclusifs, respectueux et représentatifs des divers intérêts et opinions mènent à de meilleurs résultats.

Mais le processus a de la valeur en soi. Les citoyens estiment important d’avoir la possibilité d’avoir leur mot à dire dans les consultations menant à l’élaboration de politiques. Les économistes tendent à négliger cela, du moins je le négligeais.

Un processus de consultation complet est aussi essentiel pour obtenir de l’appui en faveur du résultat final. Il en est ainsi pour une politique économique et il en est de même devant les tribunaux. Même si nous n’obtenons pas le résultat escompté, le résultat gagne en légitimité.

D’après mon expérience, la consultation motive, d’une part, ceux qui la mènent et, d’autre part, ceux qui y participent. L’engagement continu favorise la création de politiques axées sur les gens, en rappelant aux fonctionnaires ce pour quoi ils doivent travailler fort tous les jours. Ceci est aussi bénéfique pour les Canadiens puisqu’on leur rappelle qu’il y a toujours place à l’amélioration. L’engagement continu nourrit cet esprit optimiste.

 

3. Le défi que pose l’inégalité et la classe moyenne canadienne

J’aimerais maintenant parler du principal enjeu en lien avec les politiques auquel je suis confronté en tant que ministre. Il s’agit d’un enjeu non seulement au Canada, mais aussi aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans l’ensemble de l’Europe. L’enjeu est celui des vastes inégalités parmi nos citoyens et la menace qu’elles représentent pour le bien-être des familles de la classe moyenne. L’enjeu est sérieux et le danger est réel.

Parmi les symptômes, si vous n’aviez pas déjà constaté, on retrouve une vague de populisme malsaine qui se répand un peu partout ici et au loin. Lorsque les gens se convainquent que le système économique est fondamentalement inéquitable, que le jeu est truqué, que l’égalité des chances et un cruel mirage, alors ils se mettent en colère.

C’est à ce moment qu’ils commencent à chercher des boucs émissaires et que les démagogues pointent du doigt les gens ayant une couleur de peau, un accent ou une religion qui diffère. C’est là qu’on se permet de leur dire « C’est sans doute votre faute ».

Lorsque les gens qui travaillent fort se sentent laissés pour compte parce que la prospérité est réservée à un petit groupe et non au plus grand nombre, lorsque la peur éclipse l’espoir, c’est à ce moment que les gens souhaitent davantage bâtir des murs que des ponts, et que nous finissons tous perdants.

La vérité est que nous nous trouvons dans une ère de tourmente économique qui n’est pas prête de se terminer de sitôt. Les forces puissantes du marché mondial sont à l’œuvre. Le changement technologique et la mondialisation continue qui se produisent encore plus rapidement laissent croire que la tourmente perdurera.

Cependant, la bonne nouvelle est que les gouvernements ne sont pas impuissants. Les décideurs ne sont ni omniscients ni omnipotents, mais nos actions peuvent faire toute la différence. Nous pouvons implanter des politiques qui gèrent les changements, qui protègent les personnes vulnérables et qui rendent nos sociétés plus équitables. En tant que ministre, c’est ce que je m’efforce de faire pour le Canada.

 

i. La situation au Canada

J’aimerais vous dresser un portrait général de l’inégalité au Canada, ainsi que des démarches que mon gouvernement entreprend pour stimuler une économie plus prospère et promouvoir une plus grande inclusion sociale pour tous les citoyens.

L’inégalité du revenu au Canada, tel que mesuré par le coefficient de Gini, a augmenté de façon significative entre 1989 et 2014 [de 0,281 en 1989 à 0,311 en 2014]. Cette augmentation est largement attribuable à la croissance rapide des revenus les plus élevés.

Dans son récent exposé sur l’inégalité du revenu, Michael Veall, un professeur d’économie à l’Université McMaster au Canada, souligne que la portion du revenu national brut appartenant au 1 % des personnes les plus riches est passée de 8 % à 12 % entre 1980 et 2010, ce qui représente une augmentation considérable. En comparaison, au Royaume-Uni, nous avons pu observer une tendance semblable durant la même période, alors que la portion du revenu national brut appartenant au 1 % les plus riches est passée de 6 % à 13 %. Aux États-Unis, elle est passée de 9 % à 19 % et en Suède, de 4 % à 9 %.

Dans un exposé que j’ai rédigé avec mon dernier étudiant à la maîtrise, Mathieu Pellerin, nous avons expliqué que l’inégalité dans les salaires horaires des travailleurs à temps plein avait doublé entre 1980 et 2010. Cette augmentation de l’inégalité dans les salaires pourrait être largement attribuable à l’augmentation du 0,1 % des salaires horaires à temps plein les plus élevés.

Mon professeur, Tony Atkinson, a passé beaucoup de temps à réfléchir aux revenus du 1 % des personnes les plus riches et à ce qu’ils représentent dans nos sociétés. Au Canada, au cours des trente dernières années, le revenu du 1 % des plus riches a augmenté beaucoup plus rapidement que le revenu du 99 % des autres Canadiens. Les salaires médians annuels des Canadiens, ajustés selon l’inflation, ont à peine augmenté au cours des quarante dernières années. Pour la plupart des gens, le coût des produits et services essentiels comme le loyer, la garde d’enfant et les frais de scolarité augmentent plus vite que leurs chèques de paye.

Alors les familles de la classe moyenne du Canada se sentent prises à la gorge, et avec raison. Mon travail, et la priorité de mon gouvernement, est de répondre à leurs préoccupations. Notre objectif est d’immuniser le Canada contre le populisme malavisé que nous avons observé ailleurs. Nous tentons de démontrer que la croissance inclusive est possible, et qu’elle fonctionne.

Lors des dernières élections du Canada, nous avons promis de promouvoir une croissance économique plus inclusive. Nous avons aussi promis d’améliorer l’inclusion sociale des groupes les plus vulnérables, comme les Autochtones, les Canadiens vivant dans le Grand Nord, les Canadiens handicapés, les femmes, les enfants, les immigrants, les aînés et la communauté LGBTQ2.

 

ii. Les politiques ont de l’importance

Permettez-moi maintenant de vous parler de quelques politiques que nous avons implantées. Je mettrai l’accent sur les impôts, les enfants et les aînés ainsi que sur l’infrastructure sociale.

a. Impôts

L’une des premières actions que notre gouvernement a prises a été de réduire les impôts des familles de la classe moyenne et d’augmenter ceux du 1 % des Canadiens les plus riches. Neuf millions de Canadiens de la classe moyenne ont pu bénéficier d’une baisse d’impôt significative, alors que les plus riches ont dû payer un peu plus.

b. Enfants

En plus de ces changements à l’impôt, nous avons fait des changements de politiques majeurs pour aider les enfants et les aînés.

En juillet dernier, nous avons créé l’Allocation canadienne pour enfants qui est versée aux parents pour les aider à assumer les coûts qu’ils doivent engager pour élever leurs enfants. Au Canada, il s’agit de la politique sociale novatrice la plus importante de toute une génération.

Cette prestation est beaucoup plus simple, généreuse et équitable que le pêle-mêle de crédits d’impôts et de prestations qu’elle a remplacé. Neuf familles canadiennes sur 10 reçoivent maintenant un meilleur soutien qu’auparavant, mais les parents millionnaires ne reçoivent plus de chèques du gouvernement.

Les familles de près de 300 000 enfants seront sorties de la pauvreté à court terme. On prévoit que le taux de pauvreté chez les enfants du Canada passera de 11,1 % à 6,7 %.

Cela représente le niveau de pauvreté infantile le plus bas de toute l’histoire du Canada.

c. Aînés

Le Canada a également renouvelé son soutien envers ses aînés dont la sécurité du revenu a souffert ces derniers temps.

L’accroissement de l’espérance de vie, le décroissement de l’accessibilité aux régimes de pension à prestations déterminées, la population vieillissante et la fluctuation des conditions sur le marché du travail minent la sécurité du revenu d’un nombre croissant d’aînés canadiens.

Les données actuelles révèlent qu’une famille sur quatre qui approche de la retraite n’épargne pas suffisamment. Par conséquent, de nombreuses personnes travaillent toute leur vie et se retrouvent dans la pauvreté à la retraite.

Tous les Canadiens devraient pouvoir bénéficier d’une retraite digne et sûre. C’est pourquoi, comme je l’ai mentionné plus tôt, nous avons rétabli l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse à 65 ans.

Nous avons aussi amélioré le Régime de pensions du Canada afin d’augmenter la portion des gains admissibles que les travailleurs reçoivent de ce régime. Cela se traduira en une diminution de 24 % à 18 % du nombre de familles à risque de connaître l’insécurité financière à la retraite.

Tous les travailleurs canadiens bénéficieront de ce régime de pensions amélioré, et plus particulièrement la classe moyenne et les travailleurs à faible revenu. Le changement se traduira en un accès plus équitable à un régime de pensions décent, en de meilleurs incitatifs au travail et à l’épargne, en un plus grand support aux travailleurs à faible revenu et en une plus grande sécurité financière pour des centaines de milliers d’aînés canadiens.

Finalement, nous avons augmenté de façon significative les paiements directs versés aux aînés avec ce que nous appelons la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti. En tout, nous avons augmenté la sécurité du revenu pour 900 000 aînés et avons sorti 13 000 aînés de la pauvreté extrême, dont 90 % sont des femmes.

Je vais m’arrêter ici pour parler un peu plus de mon ami Tony Atkinson. Il était un ardent défenseur du « revenu de base », c’est-à-dire de l’idée que tout le monde devrait inconditionnellement recevoir un montant minimum d’aide au revenu. Aujourd’hui, le Canada offre effectivement un revenu de base aux familles ayant des enfants et un meilleur revenu de base aux aînés. En tant que ministre, je suis fier d’avoir contribué à ces deux réalisations au cours de la dernière année.

d. Infrastructure sociale

En plus de nos changements à la politique fiscale et de notre support accru aux enfants et aux aînés, mon gouvernement a haussé considérablement ses investissements dans l’infrastructure sociale. Nous faisons des investissements historiques dans la garde d’enfants, le logement et le transport en commun. C’est la bonne chose à faire, et c’est la chose sensée à faire.

Mon gouvernement a été prêt à accepter d’enregistrer un déficit pour réaliser tout cela, puisque nous savons que ces infrastructures constituent un investissement essentiel pour notre avenir, même si nous gardons à l’œil notre dette par rapport au PIB.

La justification est claire : un meilleur soutien du revenu, un meilleur service pour la garde d’enfants, de meilleurs logements et un meilleur transport en commun sont des éléments essentiels pour donner aux Canadiens une chance réelle et équitable de réussir. Et un Canada plus équitable sera un Canada plus prospère.

 

Conclusion 

Permettez-moi maintenant de conclure.

Somme toute, je crois que ma formation en économie a fait de moi un bien meilleur politicien. Mes valeurs politiques se fondent sur des idées centrales en économie : efficacitééquité et simplicité. On m’a aussi enseigné à valoriser la transparence, parce que les asymétries de l’information mènent souvent à de mauvais résultats, et à valoriser la responsabilité, parce que tout le monde devrait trouver la bonne motivation pour faire les bonnes choses.

Efficacité, équité, simplicité, transparence et responsabilité : ce n’est pas vraiment un slogan, mais c’est la recette d’un bon gouvernement.

Je vais terminer avec une simple observation : ce que j’ai appris comme étudiant à la LSE, la raison pour laquelle je me suis lancé en politique et ce que j’essaie d’accomplir en tant que ministre sont des éléments fondamentalement liés. Je m’intéresse aux faits, et je m’intéresse à ce qu’ils représentent pour les personnes et les politiques.

Les faits ont de l’importance : telle est ma philosophie en tant qu’économiste et en tant que politicien. Les faits ont de l’importance, particulièrement les faits sur les façons dont les politiques affectent les personnes les plus vulnérables.

Merci beaucoup.