Jean-Yves Duclos

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Allocution devant l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE)

Discours

Montréal (Québec)

Le 5 mai 2017

La version prononcée fait foi.

Distingués invités, chers amis,

Bonjour à tous et à toutes.

J’aimerais tout d’abord remercier l’Association québécoise des centres de la petite enfance pour cette invitation. Je suis bien heureux d’être parmi vous et de pouvoir prendre part au Sommet sur l’éducation à la petite enfance.

En tant que ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social ─ et en tant que père de trois enfants ─ je crois fermement que tous les enfants ont droit à une chance réelle et juste de réussir et de s’épanouir dans la vie. Je sais que c’est une quête que nous partageons tous.

Et cela commence par la petite enfance.

Un service de garde, vous le savez très bien, est bien plus qu’un endroit où les parents déposent leurs enfants pour ensuite ne plus y penser de la journée.

La garde de jeunes enfants doit être synonyme d’apprentissage, pour que nos enfants puissent atteindre leur plein potentiel. Un service de garde de qualité est important pour le développement social, émotionnel, physique et cognitif de nos enfants.

Et, lorsque les services éducatifs de garde de qualité sont abordables, les parents, particulièrement les femmes, peuvent plus facilement participer au marché du travail et s’investir dans leurs carrières.

Prendre au sérieux l’équité des sexes signifie prendre au sérieux les services de garde.

Toutes les familles canadiennes devraient avoir accès à des services de garde de qualité.

Et les services éducatifs de garde de qualité, ce sont les familles et enfants vulnérables qui en profitent le plus.

Parmi ces familles vulnérables, on retrouve des familles monoparentales, des familles à faibles revenus, et des familles vivant de l’isolement et de l’exclusion sociale. Les parents de ces familles font souvent face à des choix difficiles. Ils hésitent parfois à accepter un emploi si le gain n’est pas assez important par rapport aux frais de garde.   Mais quand les services de garde sont abordables, le choix d’intégrer le marché du travail est moins difficile. Et en augmentant leurs revenus, plus de familles peuvent éviter de se retrouver dans la pauvreté.

LE QUÉBEC

Il y a maintenant près de 20 ans qu’une politique familiale a été mise en œuvre au Québec pour développer des services de garde éducatifs à la petite enfance.

Bien avant de devenir ministre, je suis devenu père. Et j’ai eu la chance de vivre l’évolution de la politique familiale québécoise. Notre fils aîné a fréquenté un centre de petite enfance durant 2 ans. Sa soueur cadette, durant 3 ans. Et notre plus jeune garçon, durant toute sa petite enfance!

Comme père, j’ai pu en en ressentir directement les bienfaits pour ma famille.

À vous, éducatrices et éducateurs dans la salle, j’aimerais vous parler de « l’expérience parent » :

–      Une accolade le matin

–      Un sourire sur le visage de mon enfant, le matin comme le soir

–      Un amour de tous les jours

–      Des confidences et des rires

–      Un suivi éducatif

–      Une confiance en vous, pour ce qui nous est le plus précieux comme parents

–      Un sentiment de sécurité

–      Une grande reconnaissance

Et comme économiste, j’ai aussi pu suivre de près les bienfaits pour notre société, particulièrement pour les femmes.

Comme l’a si bien résumé Pierre Fortin, «on peut maintenant affirmer qu’il est quasi certain qu’une partie importante de la hausse observée du taux d’activité des mères du Québec…soit attribuable au système universel de services de garde…lancé en 1997 ».

Grâce à ces réformes, on estime que plus de 70 000 mères québécoises se sont jointes au marché du travail. Et ce n’est pas un accident si le taux de pauvreté des familles a chuté. Un accès à un travail permet à plus de familles de rejoindre la classe moyenne.

Et n’oublions pas, évidemment, les bienfaits pour les enfants, particulièrement les plus vulnérables. Les chercheurs Sylvana Côté et Richard E. Tremblay ont par exemple conclu qu’en 6e année du primaire, on ne constate pas d’écart de réussite entre les enfants issus de familles aisées et ceux venant de milieux plus défavorisés, si ces derniers ont fréquenté un centre de la petite enfance.

Cela suggère que les centres de la petite enfance du Québec réduisent l’écart entre les enfants de différents milieux.

Ils aident à mettre les enfants sur un même pied d’égalité. Ils aident à donner à tous une chance réelle et équitable de réussir.

QC vs LES AUTRES PROVINCES

Partout où je voyage au Canada, on me parle du Québec comme un exemple de leadership pour le reste du pays.

232 000 jeunes québécois fréquentent une garderie réglementée. Nous avons des services de garde régis pour 60% de nos enfants, une proportion deux fois plus élevée comparativement au reste du Canada.

Et les coûts moyens pour les familles québécoises sont les plus faibles au Canada.

Le taux de participation des femmes québécoises dans le marché du travail est maintenant plus élevé que partout ailleurs au Canada, tandis qu’avant ce taux était parmi les plus faibles.

LE RÔLE FÉDÉRAL

Vous vous demandez peut-être ce qu’un ministre fédéral peut bien faire  dans un congrès de l’Association québécoise des CPE?

L’objectif principal du gouvernement canadien est de renforcer la classe moyenne, et d’aider davantage de Canadiens à en faire partie.

Pour favoriser cette prospérité économique pour tous, mon gouvernment s’est engagé à soutenir les familles. D’ailleurs, je suis le tout premier ministre fédéral de la famille et des enfants.

Le mandat que le premier ministre Trudeau m’a confié m’engage à appuyer de dévelopement de services éducatifs de garde abordables, de qualité, souples et inclusifs pour l’ensemble des familles canadiennes.

Les budgets de 2016 et 2017 prévoient l’investissement de 7,5 milliards de dollars supplémentaires à cet effet au cours des 11 prochaines années. Il s’agit là d’un engagement financier historique et à long terme. Au cours de chacune des trois prochaines années, le Québec recevra ainsi $88 millions en appui supplémentaire.

Mais la contribution du gouvernement canadien dépasse celle d’un simple appui financier.

Pour soutenir la collecte de données, la recherche et les activités de liaison et de transfert, nous investirons $95 million. Nous investirons aussi $100 million dans l’innovation, parce que nous savons que nous devons toujours chercher à faire mieux.

Le gouvernement canadien profitera de ce cadre collaboratif et innovateur pour faciliter les échanges entre les provinces et les territoires, ainsi qu’avec l’ensemble des intervenants, dont vous faites partie dans cette salle.

Nous reconnaissons d’entrée de jeu l’expertise du milieu québécois dans la petite enfance. Comme ministre canadien, je sais que les leçons et les meilleures pratiques du modèle québécois ont avantage à être mieux connues à l’échelle de tout le pays.

Et j’ai hâte de pouvoir m’assoir avec mon homologue et ami le ministre Proulx et mes partenaires du gouvernement du Québec, tout comme ceux des autres provinces, territoires et nos partenaires autochtones, pour déterminer la meilleure façon de profiter de ce réengagement du gouvernement canadien pour apporter des bienfaits concrets dans le vécu quotidien de nos familles et de nos jeunes enfants.   

CCB

Avant de conclure, j’aimerais noter que l’engagement de mon gouvernement quant aux services éducatifs de garde à la petite enfance ne constitue qu’une partie de notre plan visant à renforcer la classe moyenne et à aider ceux qui travaillent fort pour en faire partie.

Nous avons aussi choisi d’aider davantage et directement les familles les familles de la classe moyenne et celles à plus faibles revenus.

En juillet dernier, nous avons créé l’Allocation canadienne pour enfants, qui est versée aux parents pour les aider à assumer les coûts pour élever leurs enfants. Au Canada, il s’agit de la politique sociale novatrice la plus importante de toute une génération.

Cette prestation est beaucoup plus simple, généreuse et équitable que le pêle-mêle de crédits d’impôts et de prestations qu’elle a remplacé.

Neuf familles canadiennes sur 10 reçoivent maintenant en moyenne $550 non imposable deplus, mais les parents millionnaires ne reçoivent plus de chèques du gouvernement.

Les familles de près de 300 000 enfants seront sorties de la pauvreté à court terme. On prévoit que le taux de pauvreté chez les enfants canadiens passera de 11,1 % à 6,7 %.

Cela représente le niveau de pauvreté infantile le plus bas de toute l’histoire du Canada.

Je crois que le gouvernement du Canada est sur la bonne voie et que nous avons posé de gestes importants pour les familles au cours des dix-huit derniers mois. Par contre, il est évident que nous avons  encore beaucoup de travail à faire, ensemble, pour faire en sorte que tous aient une chance réelle et équitable de s’épanouir.

Conclusion

En terminant, j’aimerais vous féliciter pour tout ce que vous avez fait pour les enfants et les familles québécoises depuis 20 ans. Au cours des derniers mois, lors de rencontres avec des leaders et parternaires québécois, dont la Fondation Chagnon,  la fondation du Dr. Julien, et bien d’autres. j’ai pu constater l’ambition du milieu de la recherche et du milieu social et communautaire à faire encore mieux ici au Québec et ailleurs au pays.

Nous devons à la Saskatchewan un système universel de santé. Un jour chaque enfant canadien aura accès à des services éducatifs de garde de qualité, abordables, souples et inclusifs, grâce au leadership et à l’exemple du Québec.

Merci.